ANA CATA CHITIGA, L’ELOGE DE LA DIFFERENCE

ANA ET LE LYONNAIS

ANA CATA CHITIGA, L

Ana, tu as commencé le basket dans notre région, le Lyonnais. Ta maman avant toi y a joué, pourrais tu nous rappeler son parcours dans le Lyonnais ?

Ma mère est venue en 1993 elle a joué 6 mois a Lyon et ensuite elle est partie jouer 3 ans au Coteau Basket a un petit niveau car le règlement de la fédé avait changé et les étrangères devaient jouer en pro .
Ensuite elle a fait un an à l’ AS Roanne. Elle est retournée au Coteau un an en N2 ou elle a terminé sa carrière là bas et parallèlement elle etait entraineur pour ces clubs et aussi au comité de la loire!
Quant à moi, j’ai commencé le basket à l’âge de 9 ans à l’AS Roanne de 1998 à 2002, ensuite j’ai fait un an à l’Union Loire en minime France. Par la suite j’ai intégré le Centre Fédéral Toulouse (2003-2004) puis l’Insep (2004-2007).

Dans la lignée des parents, tu aurais aussi pu jouer au volley, qu’est-ce qui t’a fait choisir le basket ?

J’ai choisi le basket car ma mère était coach sur Roanne et je me suis dit pourquoi pas essayer, j’étais déjà grande et il me fallait un sport adapté à mon physique !

Quels souvenirs te reste-t-il des années de tes débuts (2000 à 2003, Roanne et Le Coteau) ?

Oui beaucoup de souvenirs quand même, mes débuts à Roanne, mes sélections dans la Loire et le Lyonnais ainsi que tous les tournois avec ces équipes !! Et aussi mon départ de là-bas.

Tu as gardé des contacts dans le Lyonnais ? Et suis-tu particulièrement quelques joueuses ou équipes ?

Je garde contact avec quelques filles avec qui j’ai joué et je les vois quand je rentre à Roanne. Cela me permet un peu de savoir ce que les gens deviennent !

ANA, SON PARCOURS

ANA CATA CHITIGA, L

A la sortie du centre fédéral de Toulouse, ta naturalisation t’a permise d’intégrer les équipes de France. Etait-ce un choix difficile pour toi ?

Très sincèrement non, cela n’a pas été un choix difficile. Et je ne m’en rendais pas vraiment compte pour moi il n’y avait que le basket qui comptait. Je suis très contente d’avoir participé aux équipes de France jeunes, j’ai vécu des expériences très enrichissantes chaque été. J’ai pu aussi intégrer l’insep. Cela ne veut pas dire que j’oublie mon pays loin de là. Je l’ai toujours dans mon cœur mais je suis reconnaissante d’avoir eu cette opportunité.

A la sortie de l’INSEP, tu as accepté le défi d’intégrer Bourges. Malgré un temps de jeu parfois réduit, ces 2 saisons ont-elles été un tremplin pour toi ?

A Bourges, j’ai appris beaucoup de choses. Je ne regrette pas du tout d’être passée par là-bas cela m’a permis de beaucoup apprendre sur le plan du basket avec les joueuses et le coach. Je n’ai peut-être pas joué mais je sais que ce n’était pas du temps perdu et cela m’a aidé pour la suite.

Qu’est-ce qui a guidé ton choix pour Tarbes cette saison ?

La principale raison pour laquelle j’ai choisi Tarbes est en relation avec la venue du coach Alain Jardel. Je l’ai eu en équipe de France “moins de 20 ans“ et j’ai aimé sa façon de voir les choses donc je me suis dit pourquoi pas réessayer ! Le projet ici aussi était très intéressant.

Tes stats sont en progression chaque saison. Cette année à Tarbes, tu sembles vraiment passer un cap et t’imposer en joueuse majeure ? Comment explique- tu cela ? Le style de jeu, le coach, le profil de l’équipe ?

C’est vrai que je pense franchir un cap mais j’aimerais en franchir beaucoup d’autres. Je ne pense pas m’imposer en tant que joueuse majeure je suis encore une joueuse en apprentissage et il me reste encore beaucoup de travail avant que je puisse dire cela. Les raisons ? Le coach nous fait confiance et je crois que cela est très important dans une équipe, nous avons de l’alternance dans notre jeu. Je joue mais je suis consciente que je fais encore des erreurs de « cadettes » !

Et comment vois-tu l’avenir à plus ou moins long terme ? L’étranger, la WNBA ?

Je rêve d’avenir mais pour l’instant j’ai un contrat de deux ans à Tarbes. Cela dépendra de mes saisons. Je suis concentrée sur le présent. Je ne cache pas que j’aimerais essayer des expériences à l’étranger. La Wnba c’est vraiment un monde a part, si j’ai une opportunité je ne dirai pas non mais c’est encore loin !

ANA HORS BASKET

ANA CATA CHITIGA, L

D’ailleurs tu pourrais jouer dans beaucoup de pays sans problème. Combien parles-tu de langues ?

Lol Oui je me débrouille, j’aime beaucoup apprendre d’autres langues. Pour l’instant il y a le roumain, l’anglais et l’espagnol.

Malgré ton statut de joueuse de haut niveau, tu as tenu à clôturer avec succès tes études. Quelle est ta spécialité ?

J’ai terminé mes études de BTS commerce international.

As-tu déjà des projets professionnels pour l’après basket ?

Oui beaucoup je rêve de faire plein de choses après le basket, totalement différentes les unes des autres ! Mais je ne sais pas trop quoi choisir je me poserai ces questions plus tard. Est ce que je raccrocherai vraiment avec le basket ?? Coach ou une vie « normale » un travail. Je ne sais pas je verrai les opportunités qui se présenteront à ce moment-là. Chaque chose en son temps.

Tu viens de créer ton propre blog récemment. Il semble que tu aies créé une ambiance très personnelle dans ce blog ?

C’est vrai que je voulais que ça soit un peu différent. Les gens qui ont travaillé sur le blog ont fait du très bon travail et je les remercie d’avoir réussi à transmettre une ambiance qui me ressemble. Je voulais que cela sorte un peu du cadre du basket et voir un peu plus large.

Tu ne parles pas que basket dans ce blog. Tu y fais allusion à la politique et à la condition de la femme. Est-ce aussi un moyen de véhiculer certains messages ?

Un peu comme l’ambiance du blog je ne voulais pas parler que de basket. Je crois que c’est aussi important de parler d’autres choses et la condition de la femme m’intéresse, les inégalités existent mais les choses avancent petit à petit mais cela n’est pas suffisant. Ces inégalités sont présentes dans tous les domaines et surtout sur le plan sportif !!!

ANA ET LE BASKET FEMININ

ANA CATA CHITIGA, L

Que penses-tu des nouvelles tenues que l’on commence à apercevoir sur les terrains (cf l’équipe de Biélorussie et Lyon Basket Féminin) ?

Ce n’est qu’un avis personnel mais je ne suis pas trop fan !! Je suis pour une tenue un peu plus cintrée qui ne soit pas trop large car des fois c’est trop grand ! Je n’aime pas trop les robes pour jouer mais après si les filles sont confortables c’est le plus important ! Je préfère le short…

Tu as vécu des expériences riches et diverses. Si tu devais t’adresser à de jeunes basketteuses qui souhaiteraient faire carrière, que leur dirais-tu ?

Je leurs dirais de croire en elles-mêmes et en ce qu’elles font car personne ne le fera pour elles ! Toujours voir le bon coté des choses car ce n’est qu’un jeu et souvent on l’oublie…

Comment vois-tu l’avenir du basket féminin français ? Que lui manque-t-il pour vraiment se développer ?

Il y a des efforts qui sont faits pour faire parler du basket féminin mais cela n’a pas la même ampleur que chez les hommes. Je pense que les médias jouent un rôle important et cela devra passer par eux pour le développement du notre sport .Cela doit se faire au niveau local (des clubs) mais aussi au niveau national.

ANA CATA CHITIGA, L

Je te laisse la conclusion de cet entretien :

Merci beaucoup de m’avoir interviewée. Et vive le Lyonnais !!

Merci Ana de ta gentillesse et de nous avoir consacré un peu de temps entre Championnat et Euroleague…et ton tout nouveau blog.
D’ailleurs, ne quittez pas cette page sans passer par le blog d’Ana anacatachitiga.com . Un blog dans lequel Ana réagit à propos de ses matches et de son équipe bien sur mais aussi, en dehors du sport, sur des thèmes de société liés le plus souvent au statut de la femme.
Ana réussit à nous emmener dans son univers, je vous invite d’ailleurs à voir sa galerie photo pour un moment champêtre fort agréable…où Ana a quand même finit par rajouter quelques photos de basket…

ANA CATA CHITIGA, L

ANA CATA CHITIGA, L

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