Annick Négrello, figure emblématique du Cantal : «  C’est ma vie de m’occuper des jeunes ! »

Eloignée de tous depuis un mois pour cause de Covid, avec qui plus est 30 cm de neige devant la porte, Annick Négrello n’en garde pas moins un moral à toute épreuve et un enthousiasme intact à l’idée de retrouver les jeunes U13 de la Cantalienne d’Aurillac qu’elle entraîne toujours avec passion, bien qu’elle s’apprête à fêter ses 75 ans le 23 mars.

Comment es-tu arrivée au basket ?

« Pas très jeune car j’ai d’abord été gymnaste à Limoges où je suis née. J’ai d’ailleurs disputé les championnats de France avant de m’exiler à Aurillac pour devenir professeur d’EPS. Comme je venais d’un sport individuel, il me fallait un sport collectif et j’ai alors beaucoup travaillé avec Madame Mijoule puis avec le conseiller technique régional Monsieur Feybesses lequel m’a fait passer tous mes diplômes d’entraîneur y compris le brevet d’état. »

Et le basket t’a permis de rencontrer ton mari je suppose ?

« Tout à fait et depuis quelques décennies on forme un sacré binôme même si Lou a parfois entraîné des garçons. »

Et quel club as-tu intégré ?

« En fait, il y avait la Cantalienne et la Géraldienne et on a fondé le basket Club d’Aurillac pour quelques saisons. Ensuite, le club a disparu et j’ai intégré la Géraldienne puis depuis très longtemps la Cantalienne. »

Deux clubs qui à un moment se sont rapprochés ?

«Tout à fait. On a fait une forme d’Entente pour que les meilleures U13 et U15 jouent ensemble afin d’avoir un bon niveau. En plus, on s’est rapproché du Puy-de-Dôme et de Jean-Claude Dildarian pour aller jouer à Clermont -Ferrand. Certes, c’est loin mais les filles ont  beaucoup progressé et au fil du temps le club s’est doté de minibus avec une belle participation des parents. »

Si tu devais te définir …

«  Bénévole et engagée ! J’ai été prof d’EPS au lycée puis en collège. Lou était dans la gendarmerie mobile. Mais aujourd’hui encore, trois fois par semaine, je fais 40 kilomètres aller/retour pour entraîner les petites. Pour moi, l’engagement est essentiel. Cela me prive parfois d’aller voir jouer mon petit-fils à Clermont-Ferrand mais quand on s’engage…on s’engage ! »

Et en tant que dirigeante ?

« Je suis élue depuis très longtemps au Comité départemental du Cantal (NDLR : Lou son mari en est le président), depuis 2000 à la Ligue d’Auvergne et donc désormais AURA. Et puis, Jean-Claude Dildarian m’a demandé un coup de main sur le CD 63 au niveau de la sportive donc… »

Tu as des souvenirs par centaines je suppose. Quels sont les meilleurs ?

«  Déjà que nos jeunes joueuses se fassent plaisir, apprennent et notamment quand elles défendent les couleurs du Cantal au tournoi des Etoiles et de la Ligue si elles arrivent à être sélectionnées. Ensuite, les 6ème et 7ème places au tournoi des Etoiles sont de superbes moments pour un petit département comme nous. Par ailleurs, on a eu au total 14 titres de championnes d’Auvergne et ce fut un grand plaisir partagé avec joueuses, parents dirigeants»

Et as-tu des regrets ? Si oui, lesquels ? 

« En tant qu’ancien prof j’analyse assez bien, je peux tout comprendre, les réactions, les évolutions. J’ai une certaine attitude positive et pédagogue. Par contre, je regrette qu’on ne possède plus de haut niveau féminin en Auvergne car on a souvent, par le passé, emmené nos joueuses voir du haut niveau. 
Pour ma part, je trouve qu’en règle générale on ne travaille plus assez les fondamentaux. Notre fils Jacques, à l’époque, a énormément progressé avec Adam Weber et Pierre Galle. »

Donc prête à reprendre dès que possible ?

« Oui, je suis prête, C’est ma vie de m’occuper des jeunes, de les voir progresser. Avec Lou, on s’est sorti du Covid malgré un mois très compliqué. En plus d’après le calendrier on aurait ramené cela, même si ce n’est pas certain, de l’assemblée générale de la FFBB tout comme Michel Gilbert d’ailleurs.  »

Donc tout va bien pour Annick et le Cantal ?

« Maintenir du basket féminin est un combat car Aurillac est une terre de rugby et de football. On n’a pas le réservoir de grandes villes et on essaye de travailler à notre succession mais aujourd’hui, travailler bénévolement et s’engager véritablement, n’est pas forcément dans l’air du temps ! »

Merci Annick !

Crédit photo : Ligue AURA

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