Interview Blandine Toullier – « J’ai l’impression de vivre la Covid au travail, dans le sport, et à la maison »

Présidente de l’Asvel Villeurbanne féminin, Blandine Toullier a accepté de répondre à nos questions au sujet de l’impact de la crise sanitaire sur sa vie de dirigeante de club et de directrice d’un bâtiment médico-social. 

Comment vivez-vous cette période de crise ?

« Je vis cette période difficilement, que ce soit au niveau du basket, mais aussi du travail. Je suis directrice d’un bâtiment médico-social, une résidence pour personnes âgées, donc je suis doublement impactée. J’ai l’impression de vivre la Covid au travail, dans le sport, et à la maison. »

Comment arrivez-vous à allier votre profession et votre rôle de dirigeante du club de l’Asvel Villeurbanne Féminin ?

« Grâce à mon travail, j’ai eu l’habitude de mettre en place les protocoles. J’ai donc pu les appliquer rapidement dans mon club, surtout lors du déconfinement. Cette situation a eu le mérite de créer une solidarité entre nos dirigeants, notamment dans la recherche d’idées. Par exemple, notre manageuse et entraîneuse, Virginie Kevorkian, a mis en place « l’Asvel s’invite chez vous » en proposant des séances vidéo d’exercices pour les jeunes à faire à la maison. Une solution qui permet de préserver leur santé et celle de leur famille. »

Avez-vous eu des difficultés à gérer cette double vie ?

« L’équipe dirigeante et les manageurs m’ont apportés beaucoup de soutien. Lors du premier confinement, je rentrais épuisée à la maison de peur que les personnes âgées soit contaminées. Il aurait été difficile d’assurer la gestion des rencontres en plus de ma vie professionnelle.

La première vague fût un cauchemar car personne ne connaissait ce virus et les protocoles changeaient tous les jours. Et la deuxième vague a été encore plus difficile, car il a fallu s’adapter aux mesures gouvernementales et municipales suivant les zones. Professionnellement, nous avons mieux maîtrisé la situation, même si le stress était toujours présent. »

Comment avez-vous géré le sportif durant cette deuxième vague ?

« Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur notre municipalité qui nous a laissée à disposition les installations sportives. De plus, nous avons dû gérer l’impact de la COVID pour huit de nos joueuses. Le report des matchs a été compliqué à organiser car certains de nos adversaires étaient également infectés. Nous nous sommes arrachés les cheveux pour trouver des solutions.

Par conséquent, je prône à nouveau une saison blanche afin de repartir sur une base saine. Cependant, la pratique du basket doit être maintenue durant cette période. »

Selon vous, quelles peuvent être les conséquences de cette crise sur le basket en général ? 

« J’espère que cette crise va faire réfléchir les joueuses et les dirigeants sur le nombre de joueuses professionnelles en NF1 dans leur équipe. A ce niveau, la pratique du basket ne peut pas être un métier stable pour les joueuses, notamment avec les risques de blessures. Il est préférable de les accompagner vers un emploi ou une branche professionnelle pour se former, comme j’ai pu le faire avec l’une de nos filles.

A la différence d’autres clubs, nos joueuses ont simplement des primes accordées par la Fédération. »

Au final, quelles sont vos recommandations ?

« Nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions. La Fédération, la Ligue, la Région ainsi que les comités nous ont aidés durant cette période. Par exemple, lors de l’Assemblée générale de la Ligue AURA, un bidon de gel hydroalcoolique a été distribué à chaque club.

Enfin, je trouve regrettable qu’il n’y ait aucune réflexion concernant les championnats inférieurs à la Ligue 2, mais aussi sur l’égalité homme/femme, et sur l’avenir du sport amateur et professionnel. »

Laisser un commentaire