Interview – L’aventure américaine d’Emma Forel

Après trois ans dans le pays de l’Oncle Scott, Emma Forel est revenue de manière anticipée en France suite à la pandémie provoquée par le Covid-19. Une magnifique expérience qu’elle a bien voulu nous partager durant cette interview.  

Basket Fly : Pouvez vous nous expliquer votre parcours dans le basket ?

Emma Forel : J’ai commencé le basket à Laveyron, à l’âge de 5 ans. Je suis ensuite partie à l’ASV en poussine où j’ai été surclassée en Benjamines. J’ai poursuivi mon cursus au FC Lyon durant 4 ans. J’ai dans un premier temps fait mes années minimes France avant de continuer au sein de leur centre de formation. Au cours de mes 4 ans, j’ai évolué en cadettes France, ainsi qu’en NF2 et en NF1, puis je suis partie aux États-Unis.

Lors de ma première année aux États-Unis, je suis parti à la Hope International University, une petite école chrétienne à Fullerton, à côté de Los Angeles. A la suite de cette année, je suis partie deux ans à l’Université San Marcos, une école de taille normale, à San Diego. J’ai eu la chance d’avoir une bourse complète qui m’a payé mes études et permis de vivre aux États-Unis.

Emma Forel portant le maillot de San Marcos 

BF : Comment avez vous obtenu cette bourse ?

EF : Selon moi, ce sont les coachs qui donnent des bourses aux joueuses selon leur niveau de basket.

BF : Pourquoi avez vous fait ce choix de partir aux États-Unis pendant trois ans ?

EF : Partir aux États-Unis a toujours été un rêve depuis que je suis toute petite. Je pense que c’est la situation la plus adaptée pour les jeunes aujourd’hui de partager le basket et les études, ce qui est compliqué à gérer en France. On doit faire un choix entre les deux, et moi je ne voulais pas faire ce choix justement. J’ai donc toujours voulu partir aux États-Unis, dans des grandes universités, vivre le rêve américain.

BF : Quand vous dites qu’en France, on ne peut pas faire les deux, qu’il faut forcément faire un choix, cela signifie t-il qu’il existe aux États-Unis des programmes réservés pour les joueuses et joueurs qui veulent à la fois poursuivre leur études et continuer le basket ?

EF : Exactement. On a des emplois du temps avec environ 12h de cours par semaine que l’on détermine en fonction de nos entraînements. Par exemple, avant un semestre, les coachs vont nous dire que l’on a entraînement de 12h à 16h, comprenant entraînement et musculation. On avait donc pas le droit de prendre de cours pendant ces créneaux là. Selon le moment de nos séances, on prend soit des cours sur internet, soit on fait les classes le matin ou le soir, ça dépend vraiment de nous.

Après, c’est vrai que l’on joue deux fois par semaine, ce qui nous fait louper des cours. Cependant, les professeurs s’adaptent énormément à nous. Ils vont par la suite, par exemple, faire des cours en tête à tête ou des visios pour nous faire rattraper les heures manquées. Cela montre que les professeurs sont vraiment là pour nous. On a pas ce soucis de, par exemple, louper un match le jeudi, quand on part à San Francisco du mercredi au dimanche afin de suivre les cours car on sait que l’on va rattraper ces leçons avec les professeurs lors d’heures spécifiques.

Alors qu’en France par exemple, si je loupe les cours, tant pis pour moi. Je prendrai les cours en PDF et je n’aurai pas ce contact avec les enseignants. Aux États-Unis, il y a vraiment ce rapport avec les professeurs qui est fort.

BF : Donc selon vous, la culture du sport est bien plus présente aux États-Unis qu’en France ?

EF : Oui complètement, et dans tous les sports. Déjà, les sportifs sont avantagés en ayant l’opportunité d’obtenir des bourses. Il faut savoir qu’une année en Université aux États-Unis, c’est 40 000 euros. Il y a beaucoup de sportifs qui ont des bourses alors que les non sportifs vont payer 160 000 euros sur les 4 ans et vont donc être très endettés. C’est vrai que l’on a la chance en tant que sportifs d’avoir nos études payées, notre logement ainsi que notre nourriture.

BF : Pourquoi le choix de faire deux universités, et pourquoi ces deux établissements en particulier ?

EF : Pour la première école, je suis partie aux États-Unis grâce à Blue Socks, un camp de basket pour des joueuses françaises aux USA se déroulant sur le mois de juillet. Lors des tournois, les coaches venaient nous parler afin de nous repérer. Grâce à ce tournoi, j’ai été contactée par plusieurs coaches représentant chacun une école. La première école était à Hope. C’était une toute petite école, et ça me plaisait de venir dans un tout petit établissement. Je savais que j’allais avoir du temps de jeu, que je m’entendrai bien avec tous le monde. J’ai rencontré pas mal de joueuses, et je trouvais que cette école me correspondait bien.

Ma première année c’est très bien passée, sauf que le niveau c’était de la NIA, et je voulais plus de challenge. Je crois que j’étais à 20 points, 10 rebonds par match donc je n’allais pas faire ça pendant 4 ans. Je veux dire que ma deuxième année je n’allais pas mettre 40 points (rire). Il n’y avait donc pas cette évolution possible.

Puis c’est une école très chrétienne aussi. Il fallait aller à l’église tous les jeudis, certains cours étaient précédés de prières, c’était vraiment pas du tout ce dans quoi j’ai grandie. C’est donc cet ensemble de choses qui a fait que j’ai voulu changer.

J’ai fait le choix de partir en NCAA division 2 et non en division 1 car j’aurais du faire que des entraînements pendant un an. Cela signifie donc que j’aurai dû attendre un an pour pouvoir rejouer, sauf que je n’avais pas envie d’allonger mon temps aux États-Unis. De plus, la division 2 me correspondait bien. Je savais que je partais dans un projet où l’école était bien plus grande, et où j’allais avoir du temps de jeu. En fait, je ne voulais pas être que dans le basket. Il y a certaines écoles aux États-Unis où les joueuses se lèvent à 6h du matin pour un footing, puis une séance de musculation. De mon côté, c’était quand même plus tranquille. Bien sûr, on avait des entraînements de manière régulière mais l’avantage c’est que j’avais tout de même une vie à côté. J’ai pu partir visiter un peu, avoir cette vie sociale que certains joueuses n’ont pas forcément.

BF : Dès le départ, vous saviez que vous n’alliez pas rester aux USA, que c’était seulement pour vos études, et que par la suite vous alliez rentrer en France ?

EF : Oui, je savais par avance que je n’allais pas rester là-bas. C’était génial, mais je ne me voyais pas y vivre.

BF : Donc pourquoi avoir fait ce choix d’y aller seulement pour les études, de savoir que vous alliez retourner en France par la suite ? Une raison particulière à ça ?

EF : Normalement, il me reste encore un an d’étude mais je n’ai pas pu la réaliser en raison du Covid-19. J’ai adoré les États-Unis, c’était trop bien mais je pense que j’avais envie de retourner dans cette vraie vie. Je vais ouvrir un restaurant avec mon papa, et du coup, c’est l’un des projets qui a fait que j’ai préféré mettre de côté mes études afin de me focaliser sur le projet d’ouvrir un restaurant. On ouvre un food truck au mois d’août et ensuite on ouvre un restaurant début février, à côté de Lyon, à Limonest.

BF : Vous l’avez un peu évoqué quand vous avez expliqué le rapport avec les professeurs mais qu’elle était votre journée type aux États-Unis ?

EF : La durée des cours était soit de 50 minutes, soit d’1h15. Das un journée, j’avais en général trois heures de cours, donc soit trois cours de 50 minutes, soit deux d’1h15. Par exemple, lundi je faisais 10h-10h50, ensuite je partais à la salle des kinés pendant une heure où j’y faisais du vélo, des étirements pour m’échauffer, des traitements etc. Ensuite il y avait musculation pendant un heure de 12h à 13h. Puis on avait une pause de 10-15 minutes pour pouvoir manger avant l’entraînement qui durée de 13h15 à 16h15. Après la séance, j’allais chez le kiné pour faire des bains froids, puis soit je partais en cours, soit je rentrais chez moi. J’avais la chance d’avoir aussi des cours sur internet aussi, donc je n’allais pas énormément en classe.

BF : Comment se déroule la préparation physique aux Etats-Unis ? En quoi est-elle différente de la méthode française ? Laquelle préférez vous ?

EF : Il y a une grosse différence déjà au niveau du matériel. Il y avait un espace en extérieur réservé aux sportifs, car à San Diego il fait toujours beau, donc on était souvent dehors pour la préparation physique. En France, il faut aller dans des salles de basket ou prendre un abonnement dans des salles de sports si on veut réaliser une préparation physique, donc ce n’est pas privilégié. Les championnats américains débutant en Novembre, de août au début de la saison, on réalise notre préparation physique. Il y a des règles au niveau des entraînements : entre août et octobre, on a pas le droit de toucher un ballon, c’est-à-dire que nos séances se déroule exclusivement sur la piste ou sur le terrain de basket. Les règles NCAA sont très strictes concernant la préparation physique et le moment où l’on peut de nouveau toucher le ballon. En un mot : Horrible ! (rire).

L’équipe de San Marcos en pleine préparation physique 

Les coachs n’ont pas la moindre influence sur la préparation physique. Dans toute les écoles, il y a un règlement établi concernant les entraînements. Par exemple, au mois d’août, personne n’a le droit de s’entraîner plus d’une heure par jour. De plus, les coaches n’ont pas le droit d’être là. On peut réaliser un entraînement entre joueuses, mais les coaches n’ont pas le droit d’être présents. Si on fait le choix de s’entraîner un après-midi pour faire un peu de jeu, les coaches n’ont pas le droit d’être là. Par contre, si on va sur la piste, faire de la prépa, le préparateur et les coaches ont le droit d’être présents mais pas quand ça concerne la pratique du basket. Les coaches veulent que l’on s’entraîne dur, une fois que l’on est présent, on est la pour s’entraîner et pas autre chose. Sur ce point, ils nous font confiance.

C’est seulement à partir d’octobre que l’on commence à faire des séances avec les coaches et les ballons. Ce sont des heures calculées par la NCAA, qui autorise par exemple à faire deux heures par semaines de basket, et deux heures de préparation.

BF : Ainsi, comment se déroule la préparation physique sur le reste de l’année ?

EF : La préparation physique se poursuit sur toute l’année. Après, ce qui se passe c’est que l’on voyage beaucoup, parce que l’on joue le jeudi et le dimanche. Souvent, lorsque l’on joue à l’extérieur, on part le mercredi pour revenir le vendredi soir. Ainsi, selon les créneaux, je crois que l’on a musculation les lundi et mercredi, et en fonction de nos déplacements, les séances s’adaptent. Par exemple, les séances de musculation concerneront seulement le renforcement musculaire avec des exercices d’abdos ou encore au poids de corps. Lorsque l’on jouait à domicile ou on partait le jeudi matin, c’était les créneaux du lundi et du mercredi durant une heure. De plus, chaque mois, les séances était tournées sur une capacité physique particulière.

BF : Comment était constitué le staff de votre équipe qui vous accompagnait au quotidien ?

EF : On avait un coach et trois assistants, ainsi que deux managers avec aussi trois jeunes qui venaient lors de nos entraînements pour réaliser des tâches comme la table de marque car chacun de nos entraînements étaient minutés. Par exemple, neuf minutes d’échauffement, dix minutes de renforcement, dix minutes de jeu des choses comme ça.

Les managers étaient la aussi aux entraînements. Ils notaient par exemple les statistiques alors qu’en France, personne ne nous prend nos statistiques. Enfin, il y avait un préparateur physique.

BF : Au final, votre équipe pouvait être considérée comme une entité quasi autonome vis à vis de l’université ?

EF : C’est vrai, il y a le côté scolaire avec les directeurs etc et le côté sportif avec nos directeurs. Après, c’est forcément lié parce que l’équipe représentait l’école, mais son fonctionnement était indépendant.

BF : Concernant vos déplacements à travers l’État, par quel moyen vous déplaciez vous ?

EF : Soit par avion, soit en 4×4 donc des grosses voitures américaines, où l’on était que 4 donc c’était toujours très agréable. Alors qu’en France on est en mini-bus pendant 8 heures (rire).

BF : Donc justement, comment s’est déroulé votre adaptation à ces déplacements fréquents par des moyens inhabituels pour vous ? Comment avez vous pu gérer la fatigue des voyages mais aussi à ce rythme de vie orchestré par les entraînements, les trajets ainsi que les matchs  ?

EF : Pour moi, ça s’est bien passé parce que je suis quelqu’un qui s’adapte facilement. Mais c’est vrai que prendre l’avion le matin, arriver à l‘aéroport, tout de suite prendre un bus pour aller s’entraîner, revenir à l’hôtel, manger, repartir s’entraîner etc. C’est vrai que c’est compliqué à gérer car ça ne se passe pas comme ça en France.

BF : La manière dont vous me décrivez vos journées peut s’apparenter, toutes proportions gardées, à un programme très structuré, quasi militaire. Êtes vous d’accord avec cette idée ?

EF : C’est ça. Lorsque l’on partait en déplacement, ils nous donnaient des fiches de route avec par exemple : 8h rendez-vous à l’école, 8h05 départ, arrivée à l’aéroport à 8h35, avion 9h05, arrivée etc. Tout était calculé, on savait tous ce que l’on faisait.

BF : Et ça vous est déjà arrivé d’être en retard à l’un de ces rendez-vous ?

EF : (rire) Pile à l’heure !

BF : Vous êtes toujours arrivée à l’heure sur vos trois ans passés aux États-Unis ?

EF : (rire) Une fois j’ai failli oublier mon passeport (rire) mais j’ai eu de la chance parce que j’étais à côté de l’internat et du coup j’ai pu aller le chercher en courant. Au final, je n’ai pas été en retard. (rire)

BF : Comment s’est déroulé votre intégration au sein des deux universités, mais aussi au sein des deux équipes ?

EF : Dans ma première école, on était peu nombreux. Ainsi, il n’y avait que deux trois internationaux. J’étais la seule française pour ma première année aux États-Unis, donc tout le monde a été adorable avec moi, je m’entendais super bien avec tout le monde ainsi que l’équipe où j’ai étais très bien intégrée.

Concernant ma deuxième école, c’est pareil, vu que j’étais française, tout le monde était gentil avec moi. Il y a plusieurs personnes qui m’ont prise sous leur aile, et qui ont toujours été là pour moi. Au niveau du coach, dans la première école, j’étais très proche de lui. Il était souvent là pour moi, à me convoquer dans son bureau pour que l’on parle. Dans la deuxième école, dès que j’avais un problème, les coachs me faisait venir dans leur bureau pour que l’on discute.

L’équipe de San Marcos au complet

Par exemple, avec le coach de ma seconde université, avant tous les matchs, je visionné des vidéos avec lui sur les adversaires pour ajuster ma défense, voir ce que j’avais bien ou mal fait donc j’avais quand même un rapport privilégié avec eux.

Ce fut la même chose avec mes coéquipières, il n’y au eu vraiment aucun souci avec mon intégration.

BF : Pourquoi avoir choisi San Diego pour vos deux dernières années d’études ?

EF : Parce que San Diego, c’est vraiment ma ville préféré des Etats-Unis. Il fait 35 degrés toute l’année. Il y a San Francisco par exemple, qui est une ville que j’adore, où j’ai eu des propositions pour y aller mais ça me plaisait pas parce que l’été il faisait 30°C et l’hiver -15°C. J’avais envie d’avoir cette stabilité concernant le temps toute l’année. De plus, je connaissais l’école, je l’avais visitée, je connaissais les coaches, ainsi que les joueuses et je savais que ça se passerait bien. Et puis, je ne voulais pas me retrouver au milieu du Texas où il y avait rien du tout. (rire)

BF : Donc au final, le choix de San Diego était dû à une volonté antérieure et non à « l’influence » d’un coach ou de rencontres durant vos années qui vous ont motivée à rejoindre cette ville ?

EF : En soit si parce que pour changer d’école, j’étais obligée d’être contactée par des coaches. Mais c’est vrai que San Diego m’attirait, notamment parce que j’avais une amie qui habitait là-bas et car j’y suis allée plusieurs fois. C’est une très très belle ville, et même la plupart des français le dise aujourd’hui. San Diego est une ville très jolie et très agréable à vivre, ce qui n’est pas forcément le cas avec Los Angeles, qui est une ville bruyante.

BF : Quel(s) enseignement(s) avez-vous tiré de ce voyage aux Etats-Unis, que ce soit d’un point de vue personnel mais aussi sportif ?

EF : J’ai énormément pris de la maturité et du sérieux dans l’entraînement notamment. J’étais vraiment concentrée et je pense que sur ça, mon jeu a vraiment évolué. Par le passé, j’étais plutôt une joueuse de match que d’entraînement. Et c’est vrai que lorsque l’on s’entraîne trois heures par jours, on est obligé d’être sérieux, encore plus avec les coaches. J’ai beaucoup grandi sur mon approche de l’entraînement et sur mon évolution personnelle car ça m’a aussi aidé à gérer entre les cours, le basket, les déplacements. Au final, j’ai appris a être rigoureuse et sérieuse.

BF : Vous avez pu pratiquer à la fois la formation américaine, mais aussi française. Parmi ces deux enseignements, laquelle préférez vous, quelles sont leurs points positifs mais aussi négatifs ? Comment les décririez vous ?

EF : Tout d’abord, pour avoir accès aux infrastructures comme les gymnases en France, c’est plus compliqué parce que, par exemple, le matin, il y a les écoles qui viennent, donc on ne peux pas s’entraîner comme on veut, c’est moins accessible. Alors qu’aux États-Unis, j’écris un message à mon coach afin de savoir si je peux venir shooter dans 10 minutes, et il va me répondre qu’il y a aucun souci, que je peux aller au gymnase sans problème. Si je le veux je peux aller m’entraîner à 22h et puis il n’y aura personne. Aux États-Unis, l’accès aux gymnase est très facile, on peut y aller quand on veut, hormis lorsqu’une autre équipe s’entraîne. Sinon, le reste de la journée, à n’importe qu’elle heure, si je veux aller shooter, je peux. De plus, on a des shootings machines , alors qu’en France, on n’en dispose pas. Par conséquent, si je veux aller m’entraîner, le mieux c’est d’être avec un coach afin qu’il me prenne les rebonds. Donc au final, on a moins d’indépendance. Et puis en France, c’est plus compliqué de gérer avec les études parce que souvent, nos emplois du temps ne sont pas adaptés. Je ne pourrais pas par exemple, faire une séance le matin, parce que j’ai mes cours, et le soir non plus, parce que il est possible que le gardien ait déjà fermé la salle. De plus, en France, à l’heure d’aujourd’hui, c’est compliqué de trouver un terrain pour s’exercer durant l’été. Hormis les joueurs professionnel, qui ont accès à une infrastructure, c’est compliqué, même en LF2 par exemple, de trouver des lieux pour s’entraîner.

BF : Et sur le jeu en lui même ?

EF : Le jeu français va surtout être basé sur un jeu collectif et structuré, avec des systèmes concernant l’intégralité des joueuses sur le terrain. En France, on a nos systèmes, on joue vraiment ensemble alors qu’aux USA on a tous nos systèmes sur papier. De plus, les coachs américain vont laisser les joueuses prendre 15 shoots à trois points par match. En France, ça n’existe pas.

On va dire qu’en France, on est beaucoup mois individualiste, l’équipe passe avant, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis. Par exemple : je suis une shooteuse, je suis ouvert à 3 points, je réfléchis pas et je shoote. Les statistiques, et le nombre de tirs tentés en France par rapport à celui des USA sont pas les mêmes, c’est complètement différent.

BF : Cela signifie t-il que le jeu américain est beaucoup plus rapide, ayant comme conséquence un plus grand nombre de possessions et donc, un possible impact négatif sur la défense ?

EF : Par exemple, aux Etats-Unis, un rebond, une passe, si la joueuse est à trois points et qu’elle est un peu seule, elle prend le shoot direct. Au bout de 10 secondes, je ne suis pas encore arrivée dans la raquette opposée qu’elle a déjà shooté (rire).

Concernant la défense, il y a déjà beaucoup de zone aux  États-Unis, et ils sont très adeptes de la boîte. Il y a énormément de boite durant les matchs. Ils choisissent une fille à prendre en boite et ils restent toute la rencontre dessus. En fait, la défense aux États-Unis pourrait s’apparenter au fait qu’ils choisissent les 4 meilleures joueuses sur le terrain, et ils en laissent une sur le côté.

BF : Au final, quel style de jeu préférez vous ? 

EF : Le jeu français. De plus, a propos du jeu américain, par rapport aux arbitres, il y a énormément de flopping. Au moindre contact, les joueuses tombent. Au niveau de la défense, il faut savoir gérer sa force dans le sens où si je fais un mouvement qui peut sembler brusque, on va directement siffler une charge. Par exemple, les contre-attaques sont très rares aux États-Unis, parce que la joueuse va l’attendre dans la raquette afin de provoquer une charge (passage en force). Au final, le rapport à la défense est complètement différent : il y a beaucoup de flopping, et pour les joueuses, notamment les intérieures, ça peut être très frustrant. En France, ça n’existe pas, le flopping n’existe pas.

Toujours sur l’arbitrage, on joue avec trois arbitres, et cette année, ils ont mis en place l’accès à l’assistance vidéo. C’est à dire que lorsqu’il sifflait une faute dont il n’était pas sur, ils allaient regarder le replay de l’action en vidéo. Par contre, je trouve que les arbitres aux États-Unis, sont moins accessibles qu’en France. En France, on peut leur parler, on va dire qu’ils sont plus ouverts d’esprit, plus sympas. Aux États-Unis, c’est le contraire. Personnellement, ce qui m’a choquée aux États-Unis, c’est que les arbitres, dès qu’ils sifflent la fin du match, ils partent littéralement en courant aux vestiaires. On ne leur sert même pas la main, alors qu’en France, après le match, on parle avec les arbitres, on leur serre la main. Aux États-Unis, ils partent en courant (rire). Pour mon premier match, ça m’a choquée. Chose qui était tout à fait normale pour mes coéquipières.

BF : Entre les entraînements, les cours, les déplacement et les deux matchs par semaine, vous avez réussi à garder le rythme et une certaine organisation ? La fatigue n’était elle pas trop présente ?

EF : Déjà, j’ai pris soin d’aller chez le kiné tous les jours. Je me suis dis qu’il fallait mieux anticiper que de s’y prendre trop tard. Donc tous les jours, j’allais une heure chez le kiné avant l’entraînement. Puis à la fin de la séance, j’allais dans des bains froids parce que je pense que c’est important quand on joue de faire attention à son corps, et de faire son maximum pour éviter les blessures. Ainsi, les coachs ont pris la décision pendant les premiers mois de l’année 2020 de rendre les entraînements moins durs. Ce choix était la conséquence de la préparation physique réalisée tout l’été ainsi que des plusieurs matchs déjà joués. Les coachs ont été vraiment compréhensibles et moins durs. Lors des entraînements, ils ont rajouté beaucoup plus d’étirements et réduit le temps des séances afin de prendre soin de nous, surtout à ce stade de la saison. Par exemple, durant cette période, les bains froids étaient obligatoires.

BF : Avez vous observé une différence particulière sur l’aspect mental entre les Etats-Unis et la France, notamment concernant l’approche du jeu ?

EF : Il va y avoir une différence, parce que les américaines sont déjà plus égoïstes dans leur jeu. Si elles ont décidé que ce match là, elles allaient mettre 30 points, elles allaient les mettre. Les coachs aux États-Unis choisissent dans une équipe 3-4 joueuses qui auront la possibilité de jouer comme elles le veulent sur le parquet.

Dans chaque équipe, il y a une ou deux stars, c’est à dire que les coachs vont tout mettre en place pour les faire briller. Il va donc avoir des systèmes pour la personne, mais cette dernière sera visée en défense par l’équipe adverse. J’ai l’exemple d’une joueuse qui évoluait à Los Angeles, et qui prenait 30 à 40 tirs par matchs. Sauf que des fois elle en mettait 20, et le match d’après 2. Mais la joueuse jouait 40 minutes. C’est plutôt choquant à mon sens, lorsque l’on commence à forcer nos tirs, on va sur le banc pour moi.

Les filles pensent beaucoup à leurs statistiques, alors qu’en France beaucoup moins, on les regarde pas toujours. Aux États-Unis, lorsque le match est fini, tous le monde regarde ses performances durant la rencontre. Cependant, les joueuses ne réagissent pas comme ça dans le but d’atteindre les plus hauts niveau du basket, car aux États-Unis, les joueuses arrêtent le basket après l’université. C’est l’un des énormes défauts aux États-Unis, car hormis la WNBA, il y a pas la possibilité pour les joueuses de poursuivre le basket en compétition dans le pays. Donc une fois qu’elles ont fini leur cursus, soit elles partent en Europe, soit elles restent aux États-Unis. C’est vrai que ça peut être compliqué de partir dans un autre pays pour jouer au basket, en sachant qu’en tant que femme, les salaires ne sont pas excessifs. Je veux dire par là que c’est compliqué en tant que femme de vivre du basket. De plus, une fois que ta carrière est finie, tu n’as plus rien donc c’est vrai qu’aux États-Unis, elles stoppent le basket après l’université.

BF : Ce caractère individualiste n’a t-il pas créé des tensions au sein de l’équipe ?

EF : Clairement. Par exemple, notre meneuse passait difficilement le ballon. Si tu es meneuse, et que tu ne passes pas le ballon, c’est que tu n’est pas meneuse (rire). Donc moi j’en parlais beaucoup avec mes coachs, leur expliquant que c’était compliqué, qu’il fallait lui en parler. Durant une période, il y avait plusieurs joueuses qui se plaignaient du jeu de la meneuse, et c’est vrai qu’elles avaient moins de temps jeu. Après, c’est difficile, parce que ça frustre les coéquipières, ce qui peut causer d’autant plus de tension. Le jeu sur le terrain devient difficile quand une joueuse ne passe pas le ballon, et joue de manière individualiste.

BF : Quel était votre rôle au sein du groupe, dans vos deux équipes ?

EF : Lors de ma première année, j’étais leader. Je jouais entre 35 et 40 minutes et j’avais énormément de liberté, avec un coach qui me faisait confiance et qui avait construit des systèmes autour de moi me permettant de faire un peu ce que je voulais. Après, ce qui a été compliqué pour moi (en tant que leader) c’était la langue dans le sens où je parlais et maîtrisais l’anglais mais c’était plus compliqué pour moi de m’imposer et de m’exprimer en tant que leader en sachant que j’avais un peu ce côté timide en moi, notamment dû à mon accent français. C’est difficile de communiquer avec les joueuses ou même un arbitre lorsque l’on est pas à l’aise. Concernant les arbitres, quand ils apprennent que l’on est internationale, ils vont être très vigilant sur nos marchés. Ils vont constamment observer nos pieds, parce qu’ils pensent sûrement qu’en Europe, on réalise plus de marchers. Donc il faut éviter que les arbitres sachent que l’on est internationaux (rire). Je ne connais pas la raison de ça, mais c’est vrai que mes coachs m’ont toujours dit qu’il fallait faire attention.

Emma Forel avec son équipe de San Marcos 

BF : Donc vous évitiez de parler anglais afin de ne pas montrer à l’arbitre que vous étiez non-américaine ?

EF : Oui ! (éclat de rire) Si j’avais un problème avec l’arbitre, je demandais à l’une de mes coéquipières d’aller le voir pour lui dire. Après, je savais bien que les arbitres entendaient notamment lorsque j’échangeais avec mes coéquipières sur le terrain ou parce que je parlais parfois en français, surtout quand j’étais frustrée. Pour l’anecdote, j’ai pris une technique d’ailleurs à cause de ça (rire).

BF : Comment ça ?

EF : (rire) J’ai pris une seule technique dans ma vie, et c’était aux États-Unis. En fait, je venais d’intercepter un ballon en défense. J’en ai profité pour lancer une contre-attaque, mais je ne suis pas quelqu’un de très rapide. Arrivée sous le panier, je tire mon lay-up, mais je le loupe. Je me suis donc un peu insulté en français, mais l’arbitre a pensé que ça lui été destiné parce qu’il n’avait pas sifflé la faute car une joueuse était derrière moi lors de la contre-attaque. Or, ce n’était pas du tout le cas. Je lui ai donc expliqué que ce n’était pas contre lui, et il m’a répondu qu’il avait compris. Mais je me suis quand même pris la technique.

Par la suite, les arbitres étant souvent les mêmes, ils savaient que j’étais française donc ça allait. Je pouvait donc m’adresser à eux, échanger leur parler etc. Cependant, lors de mes premières années, lorsque je m’exprimais en anglais avec un accent français, j’avais un peu honte.

Puis à San Diego, mon rôle étais similaire. Je faisais partie des leaders, et les coachs voulaient que l’on soit un exemple pour les plus jeunes. Par équipes, on va être plusieurs leaders, il ne va pas avoir qu’une seule personne, détenant le statut de chef. Au contraire, il y a plusieurs cadres, pour montrer l’exemple, environ 2-3. Notre rôle c’est d’encourager les joueuses, de montrer l’exemple etc.

BF : N’avez vous pas eu trop de pression en tant que leader et d’exemple ?

EF : Non au contraire, car je préfère être leader et aider les autres que de suivre (rire). C’est vrai que dans ma personnalité, je suis plus quelqu’un qui aime mener, donner des ordres (rire).

BF : Quels ont été vos ressentit lors de l’obtention des différentes distinctions lors de ces trois années ? ( L’intégralité de ses récompenses sont disponible sur le site de San Marcos

EF : C’est beaucoup de fierté parce que je suis française, en première année, et j’arrive à m’imposer dans un pays qui n’est pas le mien en étant jeune. De plus, j’ai joué avec des joueuses plus âgées que moi et c’est vrai que c’est une sorte de récompense. Je me dis que je suis à l’autre bout du monde, et pas pour rien car j’ai cette reconnaissance qui montre que j’ai eu le mérite d’avoir pris le risque de venir, et que ce n’était pas une erreur, que j’avais fait le bon choix, et que j’étais vraiment contente d’être là.

BF : Vous avez eu l’occasion de participer aux playoffs universitaire aux États-Unis, comment se déroule t-il ?

EF : Aux États-Unis, ce qui est très compliqué, c’est qu’ils divisent le pays en plusieurs secteurs : par conférence, par région et après c’est le national. Cela signifie qu’il y a le niveau national, la région qui correspond à la division du pays en 4 : le sud, l’est, l’ouest et le nord. Et au sein même de ces régions, existent des subdivisions qui sont les conférences. Ils font ça, à mon sens, pour limiter les déplacements.

Donc la première année, on avait perdu en demi-finale de conférence.

Cette année, on a terminé champion de la conférence, en terminant premières à égalité. Après ça, il y a eu les playoffs de conférence où l’on a perdu en finale. Cependant, on peut obtenir deux titres dans la conférence, champion de la conférence et champion des finales de la conférence.

En fonction de ces deux gagnants, on est qualifié pour les régionaux. La compétition régionale débute avec les 16ème de finale, puis huitième de final puis on arrive au championnat national avec les quart, les demi et la finale. De plus, aux États-Unis, en fonction des matchs gagnés, ils font un classement régional. Par exemple, dans les cinq conférences de la région Nord, il y a un classement des 10 meilleures équipes et c’est les huit premières d’entre elles qui sont sélectionnées pour les régionales. Si l’une des équipes n’a pas été sélectionnée dans le classement, mais qu’elles gagnent les finales du championnat, elle sont automatiquement sélectionnées.

De notre côté, on a réussi a atteindre les régionaux. On était donc à Hawaï pour les playoffs régionales. Et à ce moment là, Trump a annoncé la fermeture des barrières. Par conséquent, lors de l’annonce, on est rentré en urgence à San Diego, et deux jours plus tard, je suis rentrée en France alors que j’aurai pu participer aux playoffs régionaux.

Emma Forel, décrochant le filet, suite à une victoire 

BF : Si je récapitule, en quelques semaines, vous êtes passée d’une grande joie suite à votre qualification aux régionales à un sentiment de tristesse suite à l’annonce de Donald Trump. Comment avez vous vécu ce moment ?

EF : C’était surtout inattendu comme annonce. Déjà, lorsque l’on arrive à l’aéroport, notre coach nous convoque pour une réunion. A ce moment là, j’ai compris qu’une mauvaise nouvelle allait être annoncée : les playoffs seront à guichets fermés. Cela signifie donc que l’accès sera refusé, notamment à la famille, alors que beaucoup de joueuses était venues avec leur famille. Le lendemain matin, on devait partir de l’entraînement suite à la convocation de notre coach dans sa chambre. Arrivées dans sa chambre, elle nous annonce que le tournoi est terminé, et qu’ils sont en train de prendre les billets d’avions dans le but de rentrer soit à midi, soit le jour suivant.

La première chose à laquelle j’ai pensé suite à cette nouvelle, c’était de savoir si j’allais rester bloquée aux États-Unis. Il y a eu un cumul de stress, ce qui a impliqué beaucoup de questions concernant : la France, ma situation aux États-Unis, par quel moyen j’allais rentrer, si les playoffs allaient être reportés etc Donc, ça a provoqué un stress général en raison du manque d’informations que je détenais à ce moment là.

De plus, notre objectif depuis le début d’année était d’atteindre les régionaux pour peut-être poursuivre l’aventure vers la compétition nationale. Le fait d’être à Hawaï, d’avoir notre premier match le lendemain, et que cela faisait presque un an que l’on se préparait à cette compétition, pour au final être annulé, c’était très frustrant. A ce moment là, la question était de savoir : c’est quoi la suite pour nous ?

On est au final rentrées aux Etats-Unis le vendredi, alors que l’on était arrivées le mercredi, le même jour que l’annonce de Donald Trump concernant la fermeture des frontières internationales.

Ce qui est aussi frustrant, c’est le fait que l’on aurait joué contre des équipes qui ne sont pas de notre conférence. Ainsi, on se demande jusqu’où on aurait pu aller. On avait certes regardé pas mal de match de nos adversaires etc, mais on ne les avait jamais affrontées donc tout était possible. On était vraiment préparées, et c’était une première pour l’histoire de l’école vu que c’est une université en création. Par exemple, l’équipe de basket avait 4-5 ans. C’était une première pour l’équipe de basket. Énormément de personnes nous suivait et nous soutenait à fond. Donc ce fut une déception pour nous, mais aussi pour l’école. On avait vraiment l’école sur les épaules dans le sens où on la représentait pour la première fois à un aussi haut stade de la compétition.

On est donc rentrées aux USA, la saison annulée, deux jours plus tard je suis rentrée France avec la moitié de mes affaires toujours aux USA (rire).

BF : Comment décrirez vous votre évolution dans le jeu suite à ce passage aux USA ?

EF : On va dire que je me suis améliorée en défense (rire). C’est vrai que dans ma première école, j’avais plus de liberté à shooter à trois points, ce qui était moins le cas à San Diego. Quand les extérieures prennent de nombreux shoots à 3 durant les matchs, et que les intérieures commencent à shooter à 3 points, il y aura que des shoots à 3. C’était un peu frustrant pour moi dans le sens où j’apprécie shooter, mais beaucoup de joueuses shootaient déjà à trois pts. J’aurai aimé faire les deux mais je peux comprendre qu’il faut s’adapter aux joueuses et à l’équipe et donc savoir définir et comprendre son rôle. Dans la manière de jouer, il y a une approche différente car il y a beaucoup plus de tirs, d’opportunité qu’en France.

Au niveau personnel, j’étais plus à l’aise sur mes mouvements intérieurs. Je trouve que j’ai progresser sur ce point. Mais ma plus grosse évolution était le mental. Ce fut vraiment un changement important concernant ma mentalité.

BF : Déteniez vous des objectifs personnels ?

EF : Je voulais être dans la première équipe de la conférence mais au final j’ai été dans la deuxième. Néanmoins, cette année, avec ma coach, il y a eu des choix de joueuses dans la première équipe qui nous paraissaient incompréhensibles. Par exemple, la joueuse de Los Angeles qui prenait 40 tirs par match a été prise dans l’équipe, alors qu’elle était irrégulière.

J’avais aussi l’envie de grandir sur le terrain, de plus parler, d’être plus positive, être encore plus dans l’encouragement, de montrer l’exemple, et d’être présente pour les plus jeunes. Donc au final, aussi un rôle en dehors du terrain.

BF : Quel serait le mot définissant ce voyage ?

EF : Plaisir. J’ai rencontré plein de gens que ce soit des américains ou des français, me permettant de créer de nouveaux liens. J’ai aussi eu le droit à du temps libre qui m’a permis de faire des choses, de voyager, de faire des activités extra-scolaires, de me faire plaisir dans le basket comme nos deux séjour à Hawaï, alors qu’en France, je serai partie deux fois dans le Nord (rire). Et puis au niveau scolaire, on avait une certaine liberté, une facilité d’échange avec les enseignants. C’était une expérience très positive pour moi et j’ai adoré mes trois ans. Mon seul regret est de ne pas avoir pu jouer les championnats régionaux, et d’avoir terminé ces années de cette manière mais après ce n’était pas de ma volonté.

Emma Forel en compagnie d’une joueuse de 92 ans, appartenant à l’équipe des « Splash Sisters », uniquement composé de joueuse de plus de 80 ans. 

BF : Maintenant que vous êtes en France, et que vous allez jouer avec Caluire la saison prochaine, quels sont vos objectifs ?

EF : Déjà, me réadapter au jeu français, parce que cela fait déjà trois ans que je sui partie aux USA, donc trois années où je ne pratique plus le jeu français. Je sais que Caluire à réalisé une saison compliquée, et les objectifs pour la saison prochaine c’est le maintien et voir même un peu plus haut. Mon but serait de créer la surprise notamment avec les nouvelles recrues. On a vraiment un bon groupe, et je pense que l’on peut faire quelque chose.

BF : Pourquoi avez vous fait le choix de jouer pour Caluire ? Existe t-il un lien avec votre futur restaurant ou les joueuses présentes dans l’effectif ?

EF : Les deux, parce que l’avantage de Caluire c’est que la plupart des joueuses ont de l’expérience et sont motivées Je retrouve des coéquipières avec qui j’étais en Centre de Formation, d’autres que j’ai affrontées, la coach que je connais. Il y a vraiment une ambiance familiale, c’était pour moi logique.

Emma Forel avec sa famille 

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