Interview – Serena Kessler : un avenir prometteur

Récemment élue MVP du BWB Global Game à Chicago, Serena Kessler a accepté de répondre à nos questions sur le camp de Chicago, mais aussi sur la suite de sa carrière. 

  •  Pouvez vous nous raconter votre parcours dans le basket ? Qu’est ce qui vous a donné envie de jouer au basket ? L’élément déclencheur de votre passion pour ce sport ?

J’ai commencé le basket à l’âge de 7 ans au club du BCCL (Basket Charpennes Croix Luizet). J’ai joué dans ce club pendant 2 ans avant de partir à l’ASV (Asvel Villeurbanne Basket Féminin) jusqu’à ma deuxième année en benjamine. En parallèle, je réalisais des détections départementales avec le Rhône.

Ensuite, j’ai intégré le FC Lyon en U15 élite toute en intégrant le pôle espoir. Lors de la même année, je participais à des sélections régionales avec la ligue du Lyonnais. A ma deuxième année espoir, on a finit troisième de France tandis qu’avec la ligue du Lyonnais, on a finit vice championne de France. Dans le même temps, je faisais des sélections pour intégrer l’INSEP, notamment des camps nationaux etc

Je finis par entrer à l’INSEP lors de ma première année en cadette, j’avais donc 15 ans. Par la suite, je suis prise en Équipe de France U16 avec mon année où l’on a terminé cinquième au championnat d’Europe. Ma deuxième année à l’INSEP, je retourne en Équipe de France U18 avec une année d’avance.

Cette saison 2019/2020, j’ai réalisé ma troisième et dernière année à l’INSEP.

  • Par conséquent, quels sont les objectifs pour la suite de votre parcours ?

J’aimerai intégrer un club en Ligue Féminine. Je ne sais pas encore où mais en Ligue féminine pour sûr. 

Je n’ai pas de préférence à propos du club où je voudrais évoluer, tant que je suis dans une équipe qui me fait jouer sur le terrain, qui me fait progresser, c’est l’essentiel. (ndlr: depuis l’interview, Serena a officialisé sa signature au Tarbes GB)

  •  Avant de réaliser le BWB Global Camp à Chicago, vous avez effectué par le passé un camp, le Tony Parker Camp : Qu’est ce que vous a apporté les stages au Camp Tony Parker ?

Ce fut un apport sur comment je voyais le basket. Je vois le basket toujours avec autant de sérieux mais avant, je le voyais comme un sport où l’on ne pouvait pas vraiment s’amuser, qu’il n’y avait que le sérieux et la rigueur qui compté.

Grâce à ces camps, je me suis rendue compte que je pouvais aussi prendre du plaisir à jouer au basket. Au final, les quatre années de camp m’ont donné une meilleure vision sur ce sport. Un sport dans lequel je m’amuse et je me plais, chose dont je ne me rendais pas compte avant.

Enfin, durant le Tony Parker Camp, on joué face à et avec des garçons. Il y avait donc une différence de niveau qui m’a poussée à travailler plus pour m’améliorer.

  •  En 2015, vous avez été élue MVP du camp dans la catégorie 11-13 ans. Que représentait pour vous ce titre à l’époque ?

Quand j’ai été élue, ce fut incroyable, car pour moi, le titre de MVP symbolisé énormément en raison de ce que l’on pouvait entendre à la télévision et en NBA. Le fait d’être appelée, même si mon niveau n’était pas exceptionnel avant, m’a fait vraiment plaisir. Je me suis dit : « enfin, j’arrive à faire des choses bien dans le basket et je suis reconnue pour ça. »

  • Quelle est l’enseignement que vous avez obtenu lors de vos trois années à l’INSEP ?

Quand je suis arrivée à l’INSEP, j’étais très immature. Je ne prêtais pas attention à tout. Par exemple, je pouvais arriver en retard à l’entraînement, sans que cela me pose problème. Mais après un mois à l’INSEP, je me suis rendue compte qu’il fallait beaucoup de rigueur pour atteindre ses objectifs.

Au final, ces trois années m’ont apporté du sérieux vis à vis du basket. De plus, j’ai appris à grandir en raison du niveau élevé des championnats dans lesquels ont joué. Je me suis donc adaptée à plus fort, à plus physique mais aussi à plus technique et c’est grâce à ça que j’ai gagné en maturité et en adaptation. L’INSEP m’a fait évoluer dans le basket de manière très rapide grâce aux confrontations lors des championnats mais aussi grâce aux entraînements, aux coachs etc.

  •  Si vous aviez un souvenir à garder de ces années à l’INSEP, lequel serait-ce ?

Notre victoire en première année en N1. Cette saison, on avait perdu tous nos matchs. On essayait de gagner mais sans succès. Puis à la fin de l’année, on décroche enfin une victoire qui était difficile à prendre car on avait joué contre les premières du classement. Ce match est un très bon souvenir avec l’équipe.

  •  Pourquoi LeBron James comme modèle ?

Lorsque je vois LeBron James jouer, je m’incline devant lui parce qu’il arrive à montrer la voie aux autres toute en développant le potentiel de tous ses coéquipiers. Le cas de Cleveland par exemple. Il réussi à porter l’équipe en finale alors que, avant son arrivée, l’équipe n’était pas très forte.

A lui même, il est capable de changer l’issue d’un match, à montrer la voie et c’est pour cette raison qu’il est un grand exemple pour moi dans le basket. De plus, il arrive à mettre tous le monde d’accord, notamment sur qu’elle stratégie adopter pour remporter la victoire, et c’est en ça que j’adore le joueur.

  •  Arrivez vous à reproduire cette manière de jouer dans votre jeu ?

J’essaie toujours d’être un leader sur le terrain, une référence, afin d’aider les filles à être meilleures, et qu’elle m’aide à l’être aussi. Cependant, je ne vois pas ce rôle comme celui d’une capitaine, et ce n’est pas mon but de l’être, d’autant plus que je n’aime pas ce rôle. Mon but est de faire en sorte que tout le monde soit bien, que tout le monde puisse jouer, que l’on puisse toute atteindre nos objectifs.

  •  Vous avez récemment été élue MVP du Basketball Without Borders (BWB) Global Camp à Chicago lors du mois de Février, pouvez vous nous expliquer en quoi consistait cet événement ?

Le BWB Camp à Chicago est un camp qui regroupe les meilleurs potentiels du monde non américains. Ce camp a pour but de se faire repérer par les équipes NBA ou WNBA. Ainsi, c’est le lieu où tu as l’occasion de montrer ton potentiel pour intégrer des universités, des clubs aux États-Unis et dans le monde. Le camp permet aussi de progresser, de découvrir le basket aux États-Unis puisque l’on ne connaît pas vraiment leur niveau hormis par des highlights.

  • Comment avez vous intégré ce camp ? Avez vous été sélectionnée ?

Une coach du camp m’a contacté par les réseaux sociaux pour m’annoncer que j’avais été sélectionné par la FIBA et la NBA afin de participer au BWB. Pour moi, c’était grandiose parce que c’est un événement que beaucoup de jeunes réalisent. Tout les jeunes qui passent par là ont un grand potentiel donc j’ai vraiment été heureuse quand j’ai été prise.

  •  Qu’est ce que vous a apporté ce camp ? Qu’est ce qu’il représente pour vous ?

Ce camp m’a apporté de la maturité dans le sens où j’ai mis plus de détails dans mon jeu, afin de devenir perfectionniste parce que le moindre détail compte et ils nous ont tout le temps rappelé à l’ordre là dessus. Quand on était mal placé, ils stoppaient l’action afin que l’on se remettent en place pour refaire la situation. Par exemple, lorsque l’on était trop haut ou trop bas sur une situation, on recommençait. Au final, c’est vraiment les détails qui comptaient pour eux.

De plus, ce camp représente énormément pour moi. Généralement, quand on y passe, c’est que l’on a quelque chose à faire dans ce sport.

  •  A la fin de ce camp, avez vous eu des opportunités, des offres pour la suite de votre carrière ?

Il y a eu des agents qui sont venu me voir juste après la fin du camp à Chicago, mais aussi par les réseaux sociaux. Il y a des coachs d’universités et d’autres clubs à l’étranger qui m’ont contactée pour les rejoindre mais j’ai refusé car je veux rester en France.

  •  Quel a été l’impact d’avoir rencontré des joueurs NBA  ? Qu’est ce que vous avez appris auprès d’eux ?

De mon côté, j’ai plus rencontré Tacko Fall. Quand on les voit c’est impressionnant, notamment Tacko Fall avec sa taille (2’26). Lorsqu’il nous montrait des exercices, c’était impressionnant d’être à côté de lui.

Il nous a donner le conseil de toujours persévérer, de travailler car c’était la clé pour réussir dans le basket. Qu’il faut tout le temps travailler, même si on est le meilleur dans notre équipe, encore et encore, pour être toujours meilleur.

  •  Comment le camp fut organisé durant ces deux jours ?

Le premier jour, on est allé à la salle très tôt le matin pour s’échauffer. Ensuite, on a réalisé plusieurs ateliers, répartis sur chaque demi-terrain, pendant une heure. A la suite de cette heure, ils ont formé les équipes en fonction de nos postes, et non de notre jeu durant les ateliers. Avec ces équipes, on a fait deux matchs et c’est à la suite de cette rencontre qu’ils ont formé les équipes finales.

Lors du deuxième jour, on a réalisé une sorte de tournoi. Avec mon équipe, on a gagné tous nos matchs. On a ainsi atteint la finale, et c’est à la suite de cette victoire en finale que j’ai été élue MVP.

  •  Que représente ce titre de MVP dans un camp américain, pays du basket, pour vous ?

Dans un premier temps, j’ai été satisfaite d’être élu MVP. Mais je sais comment mon camp c’était déroulé, et je sais que si j’avais été élue par rapport à tout le camp, je n’aurai sûrement pas été prise. Parce que même si il s’est très bien déroulé, il y a quelques fois, je tombée dans l’erreur.

Cependant, lors des finales, j’étais vraiment satisfaite car j’ai mis en avant mon vrai potentiel, ma capacité à jouer. En d’autres termes, me montrer telle que je suis réellement et pas comme ce que j’avais fait les deux autres jours. Au final, j’étais satisfaite de moi même et ça m’a mis encore plus en confiance pour la suite.

Je sais que je n’ai pas pu montrer mon vrai niveau de jeu le premier jour en raison du stress notamment parce que je ne parle pas vraiment anglais. Alors, même si je comprenais les consignes, il y avait certains éléments qui m’échappaient en raison du stress et du lieu où je jouais.

Puis je me suis dit que c’est simplement du basket, un sport que je pratique, et où je suis bien dedans, que je savais faire les choses donc je ne voyais pas pourquoi je me prenais la tête. Du coup, la machine est partie et j’ai pu me montrer telle que je suis.

  •  Existe t-il une réelle différence de niveau de jeu ? Si oui, quels sont les différences avec la France ?

Le jeu aux États-Unis est peu tactique. Ils sont plus dans le un contre un, plus dans un jeu basique, c’est-à-dire sans stratégie car ce n’est pas un aspect du jeu qui leur importe vraiment. De plus, il base tout sur l’attaque, laissant la défense de côté. Par exemple, il n’y avait aucune réflexion lorsque l’on ne défendait pas sur le terrain. Ils nous incitent plus à vite contre-attaquer pour marquer un panier mais la défense n’était pas la priorité. C’est la grande différence.

  •  Pour vous, cette différence est elle intéressante ou alors la défense est-elle primordiale sur le terrain ?

C’est sur que je préfère l’attaque à la défense sur le parquet mais la défense, c’est aussi ce qui fait le basket parce que sinon mieux vaut faire du foot et être attaquant. Pour moi, on ne pas être seulement attaquant et mettre de côté la défense. Durant le camp, ça ne m’a pas gêné car c’était que sur deux jours mais faire ça tout le temps, ça m’aurait gêné au bout d’un moment. La défense c’est quelque chose d’incontournable et d’essentiel dans le basket, à mon sens.

  •  Comment vous occupez vous en cette période de confinement ? Comment arrivez vous à garder le rythme et le physique pendant le confinement ?

Avant que le confinement ait vraiment débuté, avec mon frère et ma sœur, on partait sur des terrains dehors afin de faire du tir pour ne pas perdre. Mais depuis le confinement, je travaille sur mon physique tous les jours pour garder le rythme et dès que le confinement sera terminé, je retournerai sur les paniers pour travailler de nouveau mon shoot. Au final, il me manque juste le tir car j’arrive à gérer le reste.

 

Crédit photo : FFBB

Laisser un commentaire