« Les deux vies de Manon SINICO »

Manon Sinico se bat sur tous les fronts. Basketteuse et infirmière, cette arrière de 35 ans évolue sous les couleurs du Roannais basket féminin tout en exerçant à la clinique du Renaison. Aujourd’hui, elle fait face à la deuxième vague de la pandémie avec ses collègues. Elle raconte.

Manon Sinico a proposé de réaliser les tests Covid pour son club. Photo fournie par le RBF

Manon, comment vivez-vous cette période de crise sanitaire ? 

« Je ne m’autorise pas à me demander comment je le vis. On a choisi un métier où on se met au service des autres et il faut y aller. »

Vous avez ainsi deux métiers : basketteuse et infirmière. Comment arrivez-vous à allier les deux ? 

« En temps normal, je le vis plutôt bien. Je suis en fin de carrière. C’était un choix d’arrêter le haut niveau et de rejoindre la NF1. Cette division me permet d’allier les deux. Je n’étais pas prête à ranger les baskets tout de suite et à ne mettre que ma tenue d’infirmière. 

J’ai également un arrangement avec le club. Pierre Vacher, le président, savait que je ne pourrais pas m’entraîner autant que les autres car je travaille à 80%. Je m’entraine donc 4 fois par semaine en fonction de mes possibilités. »

Vous avez mis votre métier d’infirmière au service du club pendant la crise sanitaire. Pouvez-vous nous en dire un petit peu plus ? 

« Lors de la reprise en août, nous étions encore en pleine crise sanitaire. Cependant, il n’y avait aucune obligation légale dans le règlement de tester les joueuses de NF1 contrairement au niveau supérieur. Mais le club a joué le jeu à fond et a choisi de tester les filles. Cette décision a été prise pour protéger les joueuses mais également pour montrer patte blanche et pouvoir continuer à jouer.

J’ai été formée pour réaliser ses tests car j’ai travaillé aux urgences pendant l’intégralité du premier confinement. Vu l’importance de la deuxième vague dans la Loire, cela devenait très compliqué pour le laboratoire de continuer à nous tester. J’ai donc proposé mon aide. C’était plus facile et rapide. »

Pendant le premier confinement, vous avez donc travaillé aux urgences ? 

« Pendant deux mois et demi, j’ai travaillé aux urgences car il y avait des besoins. Nous devons nous adapter en fonction des besoins. On m’a proposé et j’ai tout de suite accepté. Je suis une jeune infirmière avec seulement 3 ans d’expérience car avant j’étais focalisée sur ma carrière de basketteuse. J’ai donc la fraîcheur des débuts et la volonté d’aller aider. »

La France est de nouveau en confinement. Les championnats de basket sont arrêtés. Comment cela se passe pour vous ? 

« Je travaille au bloc opératoire et mon service continue à fonctionner pour l’instant. Nous vivons au jour le jour. J’attendais que le basket soit à l’arrêt afin de pouvoir me consacrer à fond sur la clinique. Pour l’instant, il n’y a pas besoin de moyens supplémentaires mais si la situation évolue j’ai toute liberté de pouvoir travailler un peu plus puisqu’il n’y a plus de basket. » 

 

SA CARRIÈRE EN BREF :

Née en Ardèche en 1985, Manon Sinico fait ses premières armes dans la Drôme. Puis, elle rejoint le club de Bourges pour parfaire sa formation. Elle évolue ensuite sous les couleurs de Reims, Calais, Limoges et la Roche Vendée avec un titre de championne de France NF1 et de Ligue 2 à son actif. Soucieuse de préparer sa reconversion après avoir côtoyé le haut niveau, elle passe ses diplômes d’infirmière et signe au Roannais Basket Féminin en NF1. Le club de la Loire lui permet de continuer de fouler les parquets tout en exerçant son métier à la clinique du Renaison.

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