Matthieu Chauvet : « Je ne me fixe aucune limite »

Coach un temps des sélections de l’Ain, Matthieu Chauvet fait aujourd’hui les beaux jours de Charnay en Ligue féminine. Ambitieux et passionné, le quadragénaire se nourrit de défis sportifs. Pour Basketfly, il évoque son parcours, ses méthodes de travail, ses envies et pourquoi pas un possible retour dans la Ligue AURA…

Photo fournie par M. Chauvet

Matthieu, qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir entraineur ?

« J’avais 14 ans. Je donnais un coup de main à ma maman qui était bénévole. Elle entrainait des babys et a commencé à avoir trop de petits. Elle m’a demandé de l’aider. Et c’est comme ça que je suis tombé dans la marmite. Puis, de fil en aiguille, j’ai pris une équipe de mini-poussines puis de poussines. J’ai franchi petit à petit les étapes. »

Depuis vos débuts jusqu’à Charnay aujourd’hui, que de chemin parcouru… 

« Oui (sourire). Mes premières années en tant qu’entraineur ont été du côté de la JL Bourg côté féminin et à la GS Carriat. C’est là que j’ai véritablement commencé à faire mes armes jusqu’à la N2 féminine. 

Le deuxième tournant s’est déroulé à Challes-les-Eaux où je découvre le plus haut niveau français. C’est une première étape vers mon rêve de gosse: devenir entraineur pro en première division. Je commençais à y mettre un orteil. Cela fut très intéressant de travailler avec Corinne Benintendi mais j’avais envie de prendre mon envol. Je suis quelqu’un d’ambitieux. 

J’ai rejoint la Roche-sur-Yon pour 3 saisons où nous avons joué deux final four. Puis, je suis parti à Toulouse où le club avait pour projet de remonter en LFB en 2 ans. Ce fut chose faite. J’y suis resté deux saisons et j’ai été licencié. Et maintenant, je suis à Charnay avec un titre de champion de France en NF1 dès ma première année. Et nous accédons à la LFB lors de notre deuxième saison en LF2. Coup du sort, c’était contre Toulouse. »

Entre Toulouse et Charnay, vous restez trois saisons sans coacher. Qu’est-ce qui se passe dans votre tête ? 

« On passe par tous les sentiments. On psychote parce que le téléphone ne sonne pas. On se dit « quand est-ce qu’on va me proposer quelque chose ? ». C’est compliqué… Pendant 3 mois, j’ai aidé des petits clubs dans la région toulousaine qui en avaient besoin. Puis, j’ai arrêté. J’avais besoin du haut niveau. Je faisais également des petits boulots pour subvenir aux besoins de ma famille. Et j’ai pensé à arrêter, à me tourner vers autre chose. C’est à ce moment là que Charnay est venu me chercher. Et là, je revis. »

Quel style de coach êtes-vous ? Comment vous décririez-vous ?

« Je suis quelqu’un de travailleur et exigeant avec moi-même et mes joueuses, pointilleux avec le souci du détail et j’aime vivre des émotions. »

Hormis deux saisons à Bourg avec des garçons, vous n’avez coaché que des filles, pour quelles raisons ? 

« J’adore le basket féminin de manière générale : la structure du jeu, le côté plus stratégique que chez les garçons, le côté essence même du jeu collectif. J’aime quand le ballon est partagé et non du jeu chacun de son côté. »

Vous venez de prolonger un an à Charnay, c’est un club dans lequel vous avez envie de vous inscrire dans la durée ? 

« Je me sens bien à Charnay. On me fait confiance. Je suis prêt à m’inscrire dans la durée avec le club à condition qu’il y ait une montée en puissance. Je suis quelqu’un qui n’aime pas le confort. J’ai envie de relever des défis, des challenges comme lorsque je suis arrivé ici. Aujourd’hui, nous sommes à la lutte pour le maintien. Si nous souhaitons joué des playoff, il faut augmenter le budget, structurer aussi un peu plus le club. Je peux m’inscrire dans un projet à moyen, long terme à la condition que le club et les ambitions se développent. J’ai envie un jour de coacher en Coupe d’Europe, une équipe du Top 4. »

Justement professionnellement, quelles sont vos envies ? 

« Je suis quelqu’un qui ne se fixe pas de limites. J’ai envie de coacher le plus haut possible sur le championnat français voire même étranger si on m’en offre l’opportunité. Une place dans le staff de l’équipe de France ? C’est aussi quelqu’un chose qui me plairait. »

Et revenir dans la Ligue AURA, c’est envisageable ? 

« Je suis très attaché à cette Ligue. J’ai coaché des sélections départementales dans l’Ain, ainsi que les sélections régionales. J’habite Ceyzériat à côté de Bourg, j’ai des attaches. Cela pourrait me tenter. Ma famille serait très heureuse si je coachais à proximité de chez eux. Mais avant tout, je suis intéressé par les challenges sportifs. »

SA SELECTION

♦ Votre plus beau match : « Le match 3 contre Toulouse où nous sommes champions de France Ligue 2 avec Charnay dans un Cosec plein à craquer. »

♦ La salle avec le plus d’ambiance hormis au Cosec de Charnay : « En Ligue2, à Montbrison, ça a toujours été des matchs chauds niveau ambiance. Et en LFB, à Landerneau, il y a un vrai public. »

♦ L’entraîneur français que vous admirez le plus : « Valéry Demory et François Gomez. Valéry, il a une âme qui se dégage dans sa façon d’agir, dans son basket que j’aime beaucoup. Et François Gomez pour le côté vieux sorcier. Il a toujours un tour dans sa poche qu’il sort au dernier moment. »

♦ La joueuse française qui vous a le plus marqué : « Laeticia Guapo et Héléna Ciak. Héléna, j’ai plein d’anecdotes sur sa première année pro à La Roche-sur-Yon. C’est une fille adorable avec qui j’ai encore beaucoup de contacts. Et Laetitia, c’était un peu mon clône. Même esprit de compétition, plein de points communs. »

♦ La joueuse étrangère qui vous a le plus marqué : « Kristen Mann pour son côté très pro. C’était super agréable d’avoir une joueuse aussi impliquée intellectuellement et professionnellement.»

Laisser un commentaire