François Veyssière et la fabuleuse histoire du Puy-en-Velay

L’un ne va pas sans l’autre ! Impossible de dissocier l’épopée des Ponotes de François Veyssière, leur coach emblématique.

A 50 ans, François Veyssière peut se retourner sur 25 ans de carrière avec satisfaction. Retiré des parquets depuis de longues saisons, il revient sur son parcours et sur celui de la formation du Puy-en-Velay, laquelle cumula les bons résultats et les montées de 97 à 2005 avant de disparaître du paysage national.

Né le 10 avril 1970 à Roanne, c’est aux Plaines puis à la Vigilante du Coteau que François Veyssière connut ses premières licences jusqu’au moment, où parti au STAPS de Clermont-Ferrand , il fut pris en charge par Jocelyne Binard, icône du basket universitaire clermontois : «  J’entrainais les jeunes à Beaumont presque chaque soir de 18h à 22h. Parmi les joueurs le fils de Jocelyne Binard ma prof de STAPS et Jérôme Authier aujourd’hui assistant coach à Bourges, lequel partit ensuite au stade clermontois comme joueur en cadets France. »

En sortie de STAPS en 1992, François Veyssière avait passé tous les diplômes régionaux et obtenu le brevet d’état, et surtout le CAPES de prof d’EPS. Une nouvelle aventure l’attendait !

« Parfois tu apprends vite ! »

Devenu assistant de José Ruiz au Stade clermontois en Ligue féminine avec des joueuses telles qu’Isabelle Fijalkowski, Brigitte Tournebize, Paoline Ekambi, le jeune entraîneur se trouva souvent dans de drôles de situation : «  Parfois, tu apprends vite ! Ce fut mon cas, car quand il était empêché, José Ruiz me laissait diriger des entraînements notamment à la mi-journée. Avec de telles joueuses et deux étrangères tu dois vite t’adapter. J’ai découvert le monde pro et fait des rencontres d’importance . Parmi celles ci, Alain Jardel et Jean-Pierre Siutat qui entraînait à Tarbes. » Ces deux années de 1993 à 1995, François Veyssière les rentabilisa au mieux : «  J’ai passé et réussi l’agrégation et le BE2 car pour moi il sera toujours plus simple de préparer et réussir de tels examens que de monter un meuble IKEA (sic) ! » La 3ème année n’aura pas véritablement lieu. Appelé sous les drapeaux à Tours pour son service national il renonça vers la Toussaint à son poste d’assistant.

Deux opportunités en une !

L’année charnière fut 1996 et ceci par la grâce de la loi Bayrou, cette loi supprimant le concours d’entrée en STAPS, l’état fut obligé d’ouvrir de nouveaux centres dans des villes moyennes. Saint-Etienne héritait d’un STAPS et François Veyssière, parallèlement contacté par Le Puy qui arrivait en Nationale 3, trouvait ainsi un emploi et un club, les deux à la hauteur de sa jeune ambition puisqu’il n’avait que 25 ans ! Et tout s’accéléra : «  Nous étions quatre professeurs et nous faisions les cours sur la maquette prévue à Lyon. Notre première promo comportait 150 étudiants environ dont Ludivine Lapierre la Costelloise qui me rejoindra au Puy la saison suivante. »

C’est donc en août 1996 que quatre soirs par semaine et le dimanche François Veyssière se rendait au Puy avec un recrutement déjà ambitieux : «  Laurence Weiss (NDLR : la sœur de Fred Weiss) et Séverine Sabot étaient déjà présentes, alors Virginie Perret, Marielle Oriol et Laurence Séqueira me rejoignirent. On monta de suite en Nationale 2 et avec les arrivées de Ludivine Lapierre, Marion Lhoste, Lamia Laroussi et Habiba Makboul on en fit de même pour rejoindre la nationale 1B, alors antichambre de l’élite .» Très proche de Jean-Paul Gagne son président médecin, François Veyssière avoue sans détour : « C’était un président exceptionnel combinant habilement avec l’insertion professionnelle des joueuses. Il avait de forts appuis chez les partenaires et les politiques. Ainsi, avec leur CAPES des joueuses ont pu rester en Auvergne. » Arrivée en nationale 1B, l’équipe ponote accueillit Brigitte Tournebize, Héléna Koudashova ex-internationale russe, Julie Minard et Catherine Magiacomo qui évoluait à Versailles. Une arrivée assez incroyable : «  La veille nous avions joué Versailles où elle évoluait et nous avait fait très mal, et le dimanche matin elle m’appela pour me dire que si on lui trouvait du travail ainsi qu’à son mari , elle venait jouer au Puy car ils en avaient assez de la vie parisienne et adoraient la Haute-Loire ! ». Ainsi fut fait, elle en temps qu’experte comptable et lui dans l’énergie. Pareillement armée, l’équipe allait réaliser quelques belles saisons entre 1999 et 2005.

Une fin déroutante

En juin 2005, l’équipe 3ème du championnat part en vacances. Strasbourg , second , refuse la montée et début juillet Le Puy est sollicité : « Ce fut un véritable branle bas de combat ; j’étais en vacances en Espagne et Jean-Paul Gagne dut se multiplier face à d’innombrables démarches à effectuer vis à vis de partenaires privés et des collectivités territoriales. Au conseil départemental , un vote refusa une augmentation conséquente de la subvention :  Le président était dépité ; on raconte même que des élus choisirent de valider la réfection de la façade du théâtre plutôt que d’aider les féminines basketteuses. Avec le temps, ce qu’a réussi Eyres Montcube en devenant Basket Landes et la réussite qu’on leur connaît, on peut se dire qu’ on aurait dû , sans doute,  ajouter au nom du Puy , les noms de la Haute-Loire et de l’ Auvergne pour enlever la mise. »

Ce fut le chant du cygne, Le Puy ne put rejoindre l’élite pour raisons financières, le président jeta l’éponge et Brigitte Tournebize qui devait prendre la suite de François Veyssière, celui-ci devenant directeur sportif, ne put que constater les dégâts d’un tel refus.

Quinze ans plus tard, François Veyssière assure : «  On a fait les résultats qu’on devait avoir car on avait un budget pour le faire et des éléments humains d’importance avec le président et des dirigeants volontaires , tout comme les joueuses et mes assistants Fred Terrade et Norbert Gauthier, des passionnés. »

Désormais, observateur privilégié du basket en général et féminin en particulier, il avoue qu’atteindre le plus haut niveau aurait sans doute changé la donne, tout comme l’histoire du basket féminin au CASE aurait pu prendre une autre tournure mais de cela ce sera pour une autre histoire. 

1 commentaire

    • René Colin
      28-12-2020
      14 h 10 min

      Que de bons moments avons nous passés avec François et cette équipe Du titre de champion de France avec des filles extraordinaires et des matchs haletants avec la possibilité de jouer au plus niveau que des politiques nous ont empêcher d y arriver. Merci encore à tous et en particulier à Jean Paul à bientôt de ce revoir René

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