Sandrine Germain-De-Bruyker : une femme aux petits soins de la Chorale de Roanne

Rares sont les kinés féminines en Jeep Elite. Depuis août 2011, Sandrine Germain-De-Bruyker s’occupe des basketteurs de la Chorale de Roanne. Venue du monde du handball, elle se livre sur son quotidien, son adaptation et sa relation avec les joueurs. 

 

Sandrine Germain De Bruyker est arrivée en 2011 à la Chorale de Roanne. Photo fournie par la kiné

Si vous cherchez Sandrine Germain-De-Bruyker, allez frapper à la porte des vestiaires de la Chorale de Roanne. Cela fait bientôt 10 ans qu’elle a posé sa trousse de soins et sa table de massage à la halle Vacheresse. Arrivée sur la pointe des pieds, la professionnelle de santé est très vite devenue un élément incontournable du staff ligérien. 

« Mes premières expériences dans le monde du sport se sont faites un peu par hasard. On m’avait demandé de réaliser de la surveillance pour des épreuves de cyclisme. Puis, j’ai enchaîné avec des championnats de France universitaires de handball et rugby ainsi que le triathlon d’Embrun pendant 10 ans », se remémore la native de la région parisienne. Handballeuse de haut-niveau, elle joue en deuxième division avant de stopper sa carrière … pour devenir maman. Vous l’aurez compris, le basket ne demeure pas sa discipline de prédilection. « Je n’ai pas joué depuis mes années collège », rigole-t-elle. 

« Ils se moquent que je sois une femme »

Mais aujourd’hui, c’est une véritable bible de la balle orange. Elle a notamment accompagné les sélections nationales jeunes et l’équipe de France féminine, coachée par Pierre Vincent à l’époque. Son premier contrat en club s’effectue sur le banc des féminines d’Aix-en-Provence, alors en LFB. Pendant 9 ans, elle soigne leurs petits bobos et endosse même le rôle de dixième joueuse en Coupe d’Europe (lire ci-dessous). En 2011, elle quitte la formation sudiste. Deux mois plus tard, elle s’engage avec le staff de Jean-Denys Choulet. Sa première expérience avec des joueurs masculins de haut-niveau.

« J’avais une petite appréhension en arrivant, je me posais des questions sur la façon dont j’allais être perçue. Je ne pensais pas postuler dans un club masculin à l’époque », confie Sandrine. Très vite, elle s’impose auprès des dirigeants, du staff et des joueurs. « Les gars s’intéressent à la façon dont je les soigne et à mon expérience. Ils se moquent que je sois une femme. Une relation de confiance s’est installée ». Au point que certains oublient même d’enfiler un caleçon avant d’aller la voir. Elle ne manque pas de leur rappeler. Car Sandrine Germain-De-Bruyker fait partie intégrante de leur quotidien. 

« Je suis à l’affût de la moindre blessure »

Présente à tous les entrainements et à tous les matchs, elle garde toujours un oeil attentif sur la santé des Choraliens. « On pourrait dire que je suis une spectatrice privilégiée car je suis sur le banc. Mais je suis surtout à l’affût de la moindre blessure. Sur un shoot à trois points par exemple, quand tous les joueurs sur la touche se lèvent, moi je surveille la réception du shooteur ». Pendant toutes ses années sur le bord des parquets, la kiné a appris à effectuer des diagnostics rapides. « J’ai eu deux ruptures du tendon et deux fois les croisés également. J’ai constaté qu’il y avait plus souvent des blessures musculaires chez les garçons car il y a plus d’impact physique. Chez les filles, il y a une faiblesse au niveau des cuisses donc elles sont plus exposées. Il y a plus d’entorses. »

A presque 55 ans (en mai prochain), Sandrine Germain-De-Bruyker n’est pas encore prête à stopper ses soins. De nombreux sportifs vont encore passer entre ses mains. Et si vous y prêtez attention, vous l’apercevrez au bout du banc de la Chorale de Roanne en train de s’afférer à ranger les serviettes, donner une bouteille d’eau ou tout simplement veiller au bien-être des joueurs.


SA SÉLECTION : 

Son plus beau souvenir ? 

« Il y en a deux. Tout d’abord avec Aix-en-Provence. Nous jouions la Coupe d’Europe et à l’extérieur, nous emmenions uniquement 8 pros. Deux cadettes complétaient le groupe mais cela leur faisait rater de nombreux jours d’école. Le président a alors eu l’idée de me prendre une licence FIBA. Un jour avec le coach, Alain Weisz, nous blaguions et je lui disais que je rentrerais que si nous jouons la finale. Lors d’un déplacement à Villeneuve d’Ascq, nous perdions de 20 points et nous étions donc éliminées. Peu de temps avant la fin du match, le coach demande mon changement. J’ai donc une minute de temps de jeu en Coupe d’Europe. Je l’ai « pourri » après la rencontre. Il m’a répondu : « C’était ta finale ».

Le deuxième souvenir est le titre de champion de France Pro B avec la Chorale. C’était le jour de mon anniversaire. »

Le joueur français le plus attachant ? 

« Je vais dire Clément Cavallo pour ses qualités humaines, de mec qui lâche rien et sa mentalité de compétiteur. Quand j’étais sportive, j’étais une compétitrice et quelque part je me retrouve dans son attitude. »

Le joueur étranger le plus attachant ? 

« Je dirais Coleman Collins. Il parlait un français impeccable. Il chantait du Gainsbourg ou du Piaf en rentrant dans le vestiaire. Il aimait aussi beaucoup la cuisine française et fréquentait les cuisines de Troisgros. Il y a aussi David Jackson. C’était un joueur attachant avec beaucoup d’empathie. Il prenait toujours des nouvelles de tout le monde. Il était à l’inverse du stéréotype du joueur américain. »

Votre meilleur match ? 

C’était avec les filles d’Aix-en-Provence lors d’un match affreux à Bourges. Mais nous gagnions d’un point 50 à 51. C’était fantastique. 

Votre meilleur déplacement ? 

A Moscou lors d’un déplacement en Coupe d’Europe avec Aix-en-Provence. L’hôtel était gigantesque et je me rappelle qu’il y avait des téléskis dans le jardin de l’hôtel.

Le plus beau compliment que l’on vous ait fait ? 

« MERCI »

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